American Rhapsody


 
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[Krazy Kitty sur Twitter]

Dimanche, octobre 4 2009

Bien rentrée

Deux semaines. Je viens de vérifier sur le calendrier, ça fait deux semaines que je suis rentrée. J'ai l'impression de ne jamais être partie ; mon séjour en Israël, l'intensité de cet été (« j'ai pensé plusieurs fois que tu étais un peu folle de partir comme ça ; moi je n'aurais pas pu », m'a-t-on dit, sans se douter qu'entre le séjour en Israël et les quelques jours en famille, c'est de loin les derniers qui ont été les plus éprouvants) m'apparaissent comme une lointaine parenthèse, et j'ai retrouvé sans heurt le fil de la vie que j'ai construite ici.

Le labo n'a pas bien changé ; deux doctorants devenus docteurs un peu avant mon départ, quelques nouveaux thésards, rien qui ne m'affecte directement. Je continue de faire avancer mes deux projets principaux, l'un à trafiquer des orbitales atomiques avec le gars du bureau d'à côté, l'autre à faire des maths avec un coauteur qui a quitté le labo depuis plus de deux ans. Un autre projet, en collaboration avec des biologistes, que j'avais cru décédé après des expériences infructueuses et le changement de labo du thésard qui les avaient menées, est remonté à la surface, pour mon plus grand plaisir malgré la charge de travail supplémentaire.

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Mercredi, mars 18 2009

Je t'en donnerai, des Spring Breaks

Bon.

Le lecteur avide de comédies hollywoodiennes pour adolescents jeunes adultes, ou de Girls Gone Wild, au choix, n'est pas sans ignorer toute l'importance de la Spring Break dans la vie des jeunes Américains. La Spring Break, c'est tout simplement les vacances de printemps, mais arrivés à la fac, les vacances de printemps ont une saveur toute particulière : ce sont les seules vacances que les étudiants peuvent vraiment passer à faire nimp', vu qu'à Noël il faut se farcir la famille et l'été c'est soit université d'été (les choses sont bien faites) soit job d'été (vraiment bien faites). Typiquement, la Spring Break se passe en Floride ou au Mexique à boire des bières pas chères toute la journée (surtout une fois qu'on a plus de 21 ans, mais avant, tout peut s'arranger) et faire des choses que l'on regrette d'autant plus amèrement depuis l'avènement des appareils photos et caméras numériques. Le tout m'intéresse à peu près autant que la sortie du dernier Resident Evil sur Playstation, c'est dire.

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Vendredi, mars 6 2009

Le monde du travail me donne des suées froides

Je ne crois pas avoir raconté ici que j'allais bientôt participer à une grande réunion de chimistes du monde entier (enfin, surtout des États-Unis, mais du point de vue américain c'est un peu pareil, puis de toute façon, à plus de dix mille participants, on ne fait pas la fine bouche). Non parce que je n'en suis pas contente ; au contraire, je suis ravie : tous frais payés par une bourse que je suis quasiment certaine de recevoir (non parce que j'ai les chevilles qui enflent, mais parce qu'il y a exactement autant de postulants que de bourses), deux sessions avec poster et une présentation orale, l'occasion d'engraisser mon carnet d'adresse et de passer des journées entières avec des gens qui croient que je comprend quelque chose quand ils parlent de chimie, bref, le pied. Mais plutôt parce que j'essaie d'oublier que la chose se passe à Salt Lake City. En plein cœur du pays mormon, des montagnes, de la neige et du froid. Une idée de génie.

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Samedi, février 28 2009

Mot d'excuse

La petite Krazy Kitty n'est toujours pas remise de sa mononucléose et dépense la majorité de son énergie à faire des choses qui ne peuvent vraiment plus attendre et ce qu'il en reste à danser un peu, histoire de ne plus se sentir toute flapie. Ce qui lui laisse peu d'opportunités de raconter des bêtises sur AmRhaps, via messagerie instantanée ou par mail.

Par ailleurs elle vous fait savoir qu'elle n'arrive vraiment pas à caser l'accordéon ni le disque dur de son dis-moi dix mots (il faut dire qu'elle n'essaie pas des masses) et a donc un billet en suspens depuis une semaine.

Veuillez agréer, etc.

Samedi, février 7 2009

On se fait une chaîne ?

Bah oui, j'ai le cerveau au ralenti, je passe le plus clair de mon temps à dormir ou à m'énerver à cause de ce que je lis dans les journaux (qu'ils soient français ou américains. Le Sénat américain est en train de débattre de ce qu'il faut ou non inclure dans le plan de relance économique (le planning familial, par exemple, c'est non, parce qu'il est fort naïf de penser que d'aider les familles en difficulté financière à ne pas avoir les enfants dont elles ne désirent pas avoir la charge ait la moindre pertinence dans le contexte actuel) et tout ce qu'on lit parle de la nana qui a donné naissance à des octuplés, d'un type de 23 ans pris sur le fait en train de fumer du shit, d'un acteur à l'égo surdimensionné qui rendrait son équipe de tournage dingue, et des pauvres, pauvres femmes/amantes de banquiers anonymes). Du coup, un meme (probablement pour adolescents pré-pubères, menfin) sur les habitudes de lecture trouvé chez Otir.

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Mercredi, février 4 2009

Je ne chouine pas, je dors

Aujourd'hui j'ai réussi à être au labo de 11h à 15h30.

De 11h à 11h20 je me suis remise de la fatigue du trajet. De 11h20 à 11h45 j'ai travaillé et lu les quarante-trois derniers titres du Huffington Post dans mon agrégateur. De 11h45 à 12h15 j'ai bossé avec deux collègues et Advisor (« Ça va ? Tu tiens le coup ? — Ça va, je suis épuisée mais je me tiens au mur. »). De 12h15 à 13h15 j'étais en pause déjeuner. De 13h15 à 13h30 je me suis remise de la fatigue du trajet retour de la pause déjeuner. De 13h30 à 14h j'ai discuté de la grève des enseignants-chercheurs en France avec le post-doc français (à ce propos, il faudrait écrire un article, mais je suis trop fatiguée). De 14h à 14h30 j'ai travaillé et lu les vingt-cinq derniers titres du New York Times dans mon agrégateur, ainsi qu'un des articles, j'ai oublié lequel. De 14h30 à 15h j'ai bossé avec les deux collègues précédemment cités (quand je n'étais pas en train de m'endormir). De 15h à 15h30 j'ai bossé et raconté des bêtises sur MSN.

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Vendredi, janvier 30 2009

Chouine, chouine, chouine (2)

Le verdict est tombé.

Mononucléose.

Vu le temps d'incubation, je l'ai attrapée en France. Choper la maladie des amoureux sans même avoir d'amoureux pour compenser, c'est un peu lamentable. Si toi et moi avons partagés verres ou couverts lors de mon séjour (chose à laquelle je ne paye qu'une attention toute relative), il est possible que je t'aie contaminé, auquel cas j'en suis fort marrie et j'espère fortement que tu étais déjà immunisé(e) ou que tu ne développeras aucun symptôme. Il est aussi possible que tu m'aies contaminée, auquel cas t'as ouar ta tête à la récré.

Encore une à trois semaines de douleurs et de fatigue. Encore que la fatigue, vu comme je dors mal (la nuit dernière, je me suis réveillée la gorge en feu en cauchemardant que l'homme aux talonnettes soi-même m'étranglait, un rictus satisfait sur son visage) et mange peu (pourtant je viens de découvrir deux nouveaux aliments qui passent assez bien : la jello[1] et les œufs à la coque), je ne suis pas sûre qu'elle soit un symptôme de la mono ou une simple conséquence du mal de gorge.

Dimanche, à l'occasion du Superbowl (Go Steelers!!![2]) nous découvrirons si la bière bien fraîche soulage ma gorge ou si je vais faire la fête au thé chaud. Déjà que tous les créneaux pub ne sont pas vendus (et que la pub m'intéresse quand même plus que le football américain, que je trouve presque aussi ennuyeux que le curling, sauf que quand même le curling t'as le droit de te moquer alors que le football américain, non). En attendant, je retourne chouiner sous ma couette avec mon polar.

Notes

[1] mais si, voyons, la gélatine parfumée, bien connue pour ses propriétés nutritionnelles... inexistantes

[2] T'as pas le choix, les Cardinals, c'est l'équipe de John McCain, obligé tu soutiens les Steelers. De toute façon ils sont meilleurs.

Jeudi, janvier 29 2009

Chouine, chouine, chouine

C'est le sixième jour que j'ai mal à la gorge.

Et pour l'instant ça n'a pas arrêté d'empirer.

J'ai vu le docteur hier (une femme d'ailleurs), qui a confirmé que c'était viral et qu'il n'y avait pas grand chose d'autre à faire que les habituels miel / citron / gargarismes d'eau tiède salée / grogs divers, les pastilles à la benzocaïne (faudra que j'achète un spray, les pastilles désensibilisent parfaitement ma langue et mon palais, mais la gorge que pouic) et l'ibuprofène pour la douleur.

Le tout ayant un effet négligeable comparé à l'aggravation due à un taux d'humidité inférieur à 10%.

Je peux à peine parler, boire et manger sont de véritables tortures (pratique pour s'hydrater, je ne parle même plus de me sustenter, tout ce qui passe c'est glace à la vanille, compote moulinée, soupe tiède et yaourt très sucré en quantités risibles, et le miel dans le thé, pour quelqu'un qui n'aime pas sucrer je suis servie), et en plus je dors super mal donc je suis crevée.

A moins que je ne sois tout simplement crevée parce que le virus en question serait la mononucléose. (Mais à vingt-quatre ans ne suis-je pas censée avoir déjà eu la mononucléose sans m'en rendre compte ?)

Auquel cas l'affaire durerait plusieurs semaines.

Résultats du labo demain ou lundi.

En attendant, j'envisage de plus en plus sérieusement de voir si la vicodine (mais si, le cocktail codéine-thébaine préféré du Dr. House ![1]) prescrite pour mes douleurs lombaires ne ferait pas effet. Ou de me faire poser une intra-veineuse.

Saloperie.

Notes

[1] Disclaimer : Je n'ai jamais regardé Dr. House. Mais j'ai entendu dire qu'il était accro à la vicodine.

Vendredi, janvier 16 2009

Catching Up

La tripoteuse de tête est rentrée de vacances. On se revoit donc, dans le moelleux de son cabinet. Tout est doux chez elle, les tapis, le fauteuil, son sourire, ses yeux. Pas sa voix. Elle a le phrasé râpeux. Toujours au bord de la quinte de toux. Pas qu'elle fume, non; elle a juste cette voix de chanteuse de blues qui surprend chez une blonde à la peau pale.

Nous sommes assises par terre (je préfère), les pieds ramassés sous nos jambes, chacune confortablement installée avec des coussins, les mains autour d'une tasse de thé noir fumant. Earl Grey pour moi, Darjeeling pour elle.

On commence par le boulot, bien sûr. Les frustrations, le temps passer à tourner et retourner des phrases jusqu'à ce qu'elles veulent bien prendre le sens exact de ce qu'elles doivent dire, et l'impression parfois de ne lever le nez du guidon que pour se voir défiler à trop grande vitesse sur une pente abrupte. Le plaisir, par contraste, toujours intact, de travailler dans telle équipe, de prendre part à tel projet, d'avoir une expérience qui réussit enfin, d'apporter sa pierre à l'édifice.

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Dimanche, décembre 7 2008

La course

Parfois je me demande quel est l'intérêt de partir en vacances vu que je perds environ une année d'espérance de vie les dix derniers jours avant mon départ. J'ai compté sur mes petits doigts, j'ai passé plus de trente heures à travailler avec un seul de mes collègues sur un seul de mes projets cette semaine (et c'était avant de compter les trois heures et demie de cet après-midi – oui, un dimanche, la science n'attend pas). Et en plus de ça y avait deux autres projets, la présentation que j'ai donné lundi dernier, un article à mettre en forme à la dernière minute, et des heures passées à m'assurer que, oui, je peux bien travailler sur mon portable même s'il n'est pas connecté à l'ordinateur de mon bureau (ce n'est toujours pas le cas, d'ailleurs) et que j'ai bien tous les articles dont j'ai besoin de même que toutes les notes sur les sujets variés des divers rapports que j'ai à écrire.

C'est sans parler de la préparation frénétique des bagages (notamment : emballage des cadeaux, lessive), les couilloncetés administratives qu'il faut vraiment régler là, maintenant, tout de suite parce que sinon ça va trop trainer, l'organisation du voyage (beaucoup de mails, et surtout l'organisation des quelques jours que je vais passer à Amsterdam avec ma môman ; c'est mon cadeau d'anniversaire et il est vrai qu'elle couvre tous les frais, mais qui c'est qui a réservé les billets de train et passé des heures à chercher un hôtel (dont de longs moments de désespoir sur le site des transports en commun de la ville, afin de voir comment se rendre de la gare à l'hôtel ; mon hollandais n'est vraiment, vraiment pas à la hauteur) ?) et les soirées de fêtes qui s'empilent les unes sur les autres.

Mais j'arrête de chouiner car j'ai un sourire jusqu'aux oreilles à l'idée d'atterrir à Paris mercredi.

Et j'en profite pour signaler à ceux que ça intéresserait que pour le repas chez Higuma, Pétrolette et moi-même nous sommes donné rendez-vous (à son initiative et afin d'éviter la foule Higumesque de 20h, elle est fûtée la guêpe) à 19h15 devant le Monop' de la station Pyramides (y a un kiosque à journaux parait-il). Toujours le jeudi 11 décembre, qui laissez-moi vous dire, arrive à grands pas. Envoyez les tueurs en série, ou rejoignez-nous, au choix. Juste tiendez-moi au courant. Si vous nous rejoindez. Et pas la peine d'amener un Bescherelle, je fais exprès. Pour les tueurs en série, on est grandes, on se débrouillera.

Si vous êtes gentils, je vous raconterai comment j'ai rencontré mon premier raton laveur vendredi dernier.

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En ce moment

Je lis

Terry Pratchett, Tonino Benacquista, Marguerite Duras (mais pas tout en même temps).

J'écoute

Minor Majority, Of Montreal, Nina Simone, Angelfish, Léo Ferré, The National, Sarah Vaughan, The Ditty Bops, Absynthe Minded, Mozart, Stamitz, Bill Evans, The Asteroid Galaxy Tour.

Je suis

occupée ouh là beaucoup très très, enchantée par Oscar Wilde (One should always be a little improbable), vaguement improbable, toujours aussi liberté, égalité, schtroumph 1er (merci Plantu).

Pensée profonde

"Partir, c'est mourir un peu. Mais mourir, c'est partir beaucoup."
[Alphonse Allais]

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# Tempus Fugit

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