American Rhapsody


 
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[Krazy Kitty sur Twitter]

Samedi, mai 15 2010

Interruption des programmes

Momentanée, en ce qui concerne la série scientifique qui vous tient en haleine.

Définitive, en ce qui concerne mon grand-père. Il avait encore toute sa tête mais son corps de presque 95 ans ne suivait plus. Il a eu la joie de passer de très bons derniers moments en compagnie de chacun de ses trois enfants, venus tour à tour s'occuper de lui pendant que ma grand-mère subissait une opération de la hanche. Je n'ose imaginer la violence du coup que le décès de son compagnon de plus de 65 ans lui porte.

Je voudrais pouvoir vous le raconter, mais les mots ne remplaceront jamais mes souvenirs de lui. Il était juste et bon, intelligent et plein d'humour, passionné de bridge et de gadgets électroniques. Il parait qu'il dansait admirablement le tango. Quand je décroche le téléphone en français, mon « allô » a les mêmes intonations que les siennes.

L'enterrement aura lieu mardi, sans moi, qui n'aurai jamais plus regretté d'être à neuf milliers de kilomètre de ma famille. Je ferme les commentaires mais ma boîte mail de même que mon téléphone acceptent les condoléances sans fleurs ni couronnes.

Mercredi, avril 21 2010

Faudrait arrêter de m'acheter des bouquins. Ou pas.

Lecteur, lecteuse, je me remets doucement de ma sinusite à grands coups d'amoxicilline (sus aux bactéries !) et d'une deuxième visite chez le médecin. Étant bien loin d'avoir la capacité intellectuelle de discuter de choses intéressantes (par exemple, faut-il psychanalyser d'office les gens qui préféreraient monter dans un avion qui a de bonnes chances de tomber plutôt que de ne pas partir en vacances ? Pourquoi la presse semble-t-elle plus s'inquiéter du sort de l'équipe de France que de celui des gamines de seize ans qui se prostituent ? Pourquoi le monde entier bruisse des déclarations de l'ayatollah qui estime que les jeunes filles légèrement vêtues provoquent la colère divine et donc des tremblements de terre, mais personne ne s'intéresse au type de la commission des droits de l'Homme de Jacksonville qui pense que si on laisse les homosexuels se marier ou les musulmans être élus, il ne faut pas s'étonner de se retrouver avec des tempêtes et des tremblements de terres sur les bras ?)

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Vendredi, avril 16 2010

Rude semaine

[Avertissement : Contient des choses pas joyeuses du tout.]

Me voilà clouée au lit depuis mardi soir avec une saleté de sinusite qui m'empêche de respirer en paix et me laisse juste assez d'énergie pour me lamenter que ce n'est pas comme ça que je vais finir ma thèse (mais pas assez pour faire quoi que ce soit de constructif ; j'arrive à peine à rester suffisamment debout pour me faire à manger ; heureusement que j'ai deux colocs à disposition pour me filer un coup de main).

Mercredi dans l'après-midi, j'ai appris qu'un thésard de ma connaissance avait disparu samedi matin. J'ai rejoint le groupe Facebook visant à faire passer le message et échanger de potentielles informations.

Jeudi soir, un corps a été retrouvé sur le campus, près de l'observatoire, à deux pas de chez moi. Ce matin, le verdict de suicide par auto-asphyxie au moyen d'un sac plastique est tombé, mais l'état de décomposition du corps retardait l'identification. Ce soir, du fond de mon lit, j'ai appris que des élèves avaient identifié le corps comme celui du thésard disparu.

Ce n'était pas un ami, mais un gars sympa et effacé qui venait régulièrement aux réunions du club de swing et avec qui j'avais plus dansé que discuté, ce qui ne m'avait pas empêché d'apprécier nos rares conversations. Le choc en est forcément moindre, mais pas pour autant négligeable.

Les sinus en feu, je suis trop mal en point pour rejoindre les membres du club ce soir autour d'un verre de commémoration, et fais donc en solitaire mon deuil de cet élève brillant, aimé de tous, manifestement connu de si peu.

Ambiance.

Mardi, février 9 2010

Bah, c'est l'hiver, quoi

Les jours sont encore trop courts et trop souvent pluvieux. « Tu es sûre que tu veux déménager en Allemagne ? » me demande-t-on quand je me plains. Oui, je suis sûre. Avec un peu de chance ils s'y connaissent un peu mieux que les Californiens en isolation thermique et ils ont de vraies façons de chauffer une pièce. Il faudra probablement que je fasse de la luminothérapie, mais je suis toujours partante. D'autant plus qu'il semblerait que ce soit the place to be, l'Allemagne, en ce moment.

Il y a eu la panne matérielle catastrophique dont on se relève tant bien que mal.

Il y a l'écriture de cette proposition de projet de recherche (pour l'Allemagne, justement), qui est à la fois passionnante (je définis mon propre projet !) et épuisante (mais je peux pas définir mon propre projet, je suis trop petite !).

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Jeudi, janvier 7 2010

Quart de siècle

Je suis née un mardi lundi à deux heures douze du matin il y a vingt-cinq ans de ça, en pleine tempête de neige, par un des plus grands froids de mémoire de bas-alpin.

Je ressemblais à une crevette avec une tête de martienne hydrocéphale.

Tout ça pour en arriver là :

A Noël, avec une écharpe rose sur la tête.

Et en plus je ne sais toujours pas me servir d'un logiciel de retouche d'image. Remerciements à mon oncle et ma tante pour l'appartement qui sert d'arrière plan, à mon cousin pour la chose que j'ai sur la tête, et à ma maman pour la composition et la photographie.

Mardi, janvier 5 2010

Montagnes russes

Ça ne fait que cinq jours que 2010 a commencé et pourtant.

Il y a eu les rires et les sourires du réveillon, les « bonne année » à tue-tête des fêtards sur le chemin du retour, les vœux des dealers du coin et du monsieur à la voix triste et à l'identité nationale douteuse, presque surpris de mon enthousiasme à lui répondre.

Un premier de l'an nécessairement brumeux, rues tristes et désertées, linge plié, valises préparées, prête à partir.

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Dimanche, janvier 3 2010

Quand c'est fini, n-i ni ni, ça recommence

Puisque c'est de saison et avant d'oublier à force de parler de moi, je vous souhaite à tous, sauf les gens qui salissent les commentaires (qui peuvent crever, charognes), une belle année 2010. Qu'elle vous soit pleine de sourires, de rires et de fous rires, de tendresse, de douceur, et de chaleur humaine. Le tout avec la meilleure santé possible, ça facilite.

Mon passage à 2010 s'est effectué (à l'heure française) en réduite mais excellente compagnie, entre deux fous rires et au son des Ditty Bops. Je peux difficilement imaginer comment mieux démarrer cette année qui s'annonce fort importante puisque j'ambitionne, dans l'ordre chronologique :

  • d'avoir 25 ans ;
  • de trouver un postdoc en Europe ;
  • d'écrire ma thèse, de la défendre, et d'obtenir mon doctorat ;
  • de quitter les États-Unis et revenir sur le vieux continent.

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Mercredi, décembre 2 2009

Dormir, c'est tellement surfait

D'une part, il y a les six derniers jours, que j'ai passés presque exclusivement à travailler à des heures indécentes, à pleurer que mon projet était tout cassé, à refuser de sortir de chez moi sauf pour aller au labo ou une réunion d'un de mes clubs de danse, et à échanger plus de grognements que de mots avec la plupart des personnes que je rencontrais.

D'autre part, il y a les soirées auxquelles je suis invitée pour les jours à venir.

Jeudi soir : soirée swing gratuite dans une université à une demi-heure de chez moi ; concert gratuit de chant a capella ; soirée de fin d'année du Club International.

Vendredi soir : cours de swing et soirée dansante dans mon club préféré ; fête de fin de thèse d'une amie ; occupation de la bibliothèque pour protester[1] contre l'augmentation des frais d'inscription à l'université.

Samedi soir : cours de swing avec une prof renommée et soirée dansante dans un club à une demi-heure de chez moi ; milonga avec les gens du club de tango ; soirée de fin d'année de l'association des doctorants.

Et j'ai promis à un ami de dîner avec lui vendredi ou samedi soir.

Heureusement, je pars dimanche matin pour Vancouver, où je serai jusqu'à jeudi. D'après mon expérience et ce qu'on m'a raconté de cette conférence en particulier, je devrais arriver à fermer l'œil quatre ou cinq heures par nuit.

Notes

[1] les manifestations des étudiants des Universités de Californie ont fait très peu de bruit malgré leur importance, le nombre record d'élève défilant et les multiples arrestations. J'avais déjà parlé ici de l'augmentation prévue des frais d'inscription de 32% sur deux ans, qui les amènerait au niveau de ceux des universités privées ; du salaire indécent des administrateurs, notamment le Président des Universités, 870 000 dollars pour 2009 ; et des conditions de travail de plus en plus lamentables des employés, depuis les agents de service jusqu'aux profs. Pour plus de détails, les anglophones pourront par exemple consulter Occupy CA ou Occupy UCI.

Mardi, novembre 24 2009

La baleine aux yeux bleus

J'ai la chance de posséder un lit double (un queen size, pour être précise). La raison officielle en est que ma chambre est immense et qu'il fallait bien meubler l'espace ; en pratique, c'est surtout que je peux m'étaler dessus avec délectation. Notamment quand j'ai, comme en ce moment, une rhinopharyngite (merci la soirée dansante) et que tout ce que je suis capable de faire est de m'échouer sous les couvertures telle la baleine sur la plage — une baleine aux yeux bleus, bien évidemment.

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Vendredi, octobre 16 2009

Couleurs d'automne

Couleurs d'automne

Couleurs d'automne

Ça devrait s'oxyder un peu plus dans les jours qui viennent. Et la lumière des petits matins secs et déjà presque chauds de la Californie du Sud est assez sublime.

(Photos vite faites à bout de bras, la qualité s'en ressent forcément.)

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En ce moment

Je lis

Terry Pratchett, Tonino Benacquista, Marguerite Duras (mais pas tout en même temps).

J'écoute

Minor Majority, Of Montreal, Nina Simone, Angelfish, Léo Ferré, The National, Sarah Vaughan, The Ditty Bops, Absynthe Minded, Mozart, Stamitz, Bill Evans, The Asteroid Galaxy Tour.

Je suis

occupée ouh là beaucoup très très, enchantée par Oscar Wilde (One should always be a little improbable), vaguement improbable, toujours aussi liberté, égalité, schtroumph 1er (merci Plantu).

Pensée profonde

"Partir, c'est mourir un peu. Mais mourir, c'est partir beaucoup."
[Alphonse Allais]

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# Tempus Fugit

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