Je me croyais, naïvement, plutôt occupée ces derniers temps. C'était avant que je ne comprenne ce que les neuf semaines à venir me réservent.
D'abord, il y a les incontournables. Les cours de chimie organique, ceux dans lesquels je côtoie des gamins de même pas vingt ans qui me font désespérer de l'avenir de la race humaine par amphithéâtres entiers. Qu'on se rassure, ils sont loin d'être les seuls ; n'empêche qu'entre les conversations entre copines, les cours entiers passés sur Facebook ou à envoyer des SMS, et le niveau d'irresponsabilité ambiante, le nombre de regards incrédules que j'échange avec mon compagnon d'infortune est fort élevé. Les deux séminaires hebdomadaires (un général, un plus ciblé), auxquels s'ajoutent trois heures chaque mercredi matin passées à discuter enseignement. La réunion de labo hebdomadaire. Le club de tango argentin, aussi, dont je peux difficilement me désengager maintenant que j'en suis directrice artistique, directora artística, pardon, quitte à jouer du pipeau, autant y aller à fond et en espagnol, et puis est-ce que j'ai l'air d'avoir envie d'arrêter de danser ? (Le swing est un peu en suspens en ce moment, le cours pour débutants m'ennuie dans ses débuts et tout le monde est occupé à autre chose que d'aller danser, surtout le gars qui est en conférence à Hawaï, l'ordure.)

