American Rhapsody


 
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[Krazy Kitty sur Twitter]

Dimanche, avril 5 2009

Et une intraveineuse pour la 4, une !

Je me croyais, naïvement, plutôt occupée ces derniers temps. C'était avant que je ne comprenne ce que les neuf semaines à venir me réservent.

D'abord, il y a les incontournables. Les cours de chimie organique, ceux dans lesquels je côtoie des gamins de même pas vingt ans qui me font désespérer de l'avenir de la race humaine par amphithéâtres entiers. Qu'on se rassure, ils sont loin d'être les seuls ; n'empêche qu'entre les conversations entre copines, les cours entiers passés sur Facebook ou à envoyer des SMS, et le niveau d'irresponsabilité ambiante, le nombre de regards incrédules que j'échange avec mon compagnon d'infortune est fort élevé. Les deux séminaires hebdomadaires (un général, un plus ciblé), auxquels s'ajoutent trois heures chaque mercredi matin passées à discuter enseignement. La réunion de labo hebdomadaire. Le club de tango argentin, aussi, dont je peux difficilement me désengager maintenant que j'en suis directrice artistique, directora artística, pardon, quitte à jouer du pipeau, autant y aller à fond et en espagnol, et puis est-ce que j'ai l'air d'avoir envie d'arrêter de danser ? (Le swing est un peu en suspens en ce moment, le cours pour débutants m'ennuie dans ses débuts et tout le monde est occupé à autre chose que d'aller danser, surtout le gars qui est en conférence à Hawaï, l'ordure.)

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Jeudi, mars 12 2009

Ma recherche ? Quelle recherche ?

Activités des quatre derniers jours (et heureusement que je ne suis presque plus mononucléosée, parce qu'en dehors du bowling et de deux pauvres heures de tango..., je n'ai pas arrêté) :

  • mise à jour de ma page web professionnelle ;
  • rédaction d'un topo sur la bourse que j'ai reçu de la Grande Compagnie Informatique pour les gens des relations publiques du département ;
  • rédaction de commentaires de séminaires ;
  • agencement de mon poster pour Salt Lake City ;
  • par la même occasion, découverte de Scribus, le logiciel que j'ai décidé d'utiliser pour ce faire ;
  • création de figures ;
  • création de figures ;
  • création de figures ;
  • (non mais c'est dingue le temps que ça prend de créer des figures !) ;
  • tentative avortée de recevoir de l'aide pour la mise au point d'une palette de couleurs pour ledit poster (Advisor s'en tamponne, Co-auteur est daltonien et Cobural a un goût déplorable) ;
  • mise au point de ma propre palette de couleur qui sera probablement horrible à l'impression ;
  • insertion des textes dans le poster ;
  • mise à jour de figures après réception de commentaires hélas pertinents de la part de Cobural ;
  • prise en charge de l'organisation d'une partie de nos réunions de labo.

Reste à faire :

  • création de la dernière figure (entièrement modifiée après que Coauteur se soit rendu compte que sa figure, finalement, ça n'était pas du tout ça) ;
  • finition et impression du poster ;
  • réponse aux questions de l'interview de moi-même qui fera la une de la page web du département (ça faisait longtemps qu'ils n'avaient pas dépoussiéré une informaticienne) ;
  • mise à jour de mon CV (il faut que j'aille le repêcher sur le vieux PC, mais je sais ce qu'il y a à modifier) ;
  • impression de mon CV en plusieurs exemplaires au cas où je rencontre l'employeur de mes rêves à Salt Lake City ;
  • mise à jour de ma présentation pour Salt Lake City ;
  • préparation de ma présentation de Salt Lake City, à faire en avance devant le labo.

Et j'en oublie probablement.

Sans parler de mes impôts ni des factures à payer (les factures santé, celles où il faut faire très attention à ne pas se faire avoir).

Heureusement qu'on a fait six réunions de recherche pendant ce temps-là, sinon j'aurais vraiment l'impression de faire du secrétariat.

Dimanche, novembre 16 2008

Des nouvelles du Surfeur Naze !

Ah, lecteur, lecteuse, ne me dis pas que tu as oublié le Surfeur Naze.

Il n'a pas été complètement emporté par sa vague. Il erre toujours dans le département, auquel il a réussi à se ré-attacher par l'intermédiaire d'un nouveau groupe de recherche qui n'avait jamais entendu parler de lui. On le trouve généralement dans le hall près de son bureau, attendant la proie qu'il pourra harponner pour une conversation sur-réelle. On le trouve aussi, malheureusement, dans nos séminaires d'apprentissage statistique du lundi. Où il continue de poser des questions désespérantes qui me font parfois rire — hystériquement. Il se pose généralement dans les premiers rangs, mange sa pizza de la façon la plus dégoûtante qui soit, et se rend le plus désagréable possible. Afin de l'éviter, mes copains et moi nous installons souvent vers le fond, le plus loin de lui possible.

Hélas, ce lundi, l'un d'entre nous donnait une présentation et nous nous sommes tous installés dans les premiers rangs pour lui apporter notre soutien. Une bien piètre idée.

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Mardi, août 5 2008

Je transmets ma science et c'est la joie

J'aime enseigner. Vraiment. J'adore expliquer, trouver la bonne façon de présenter les choses pour apercevoir un éclair de compréhension dans les yeux de mon interlocuteur, corriger des copies et voir que, waow, y en a qui ont compris ce que je leur ai expliqué, sélectionner les exercices les plus adaptés au niveau des élèves et aux compétences qu'ils doivent acquérir, et le mieux du mieux c'est quand j'arrive à les faire participer en TD. En plus, quand c'est toi le prof (ou la chargé de TD, chipote pas), c'est vachement facile d'avoir raison, et j'adore avoir raison.

J'aime enseigner, et c'est bien pour cela que je refuse de lâcher le morceau de la carrière d'enseignant-chercheur bien qu'en ce moment il me regarde d'un œil narquois en se demandant combien de temps je vais tenir avant de déclarer que c'est pas une vie et de sauter par la première fenêtre venue (réelle ou figurée, va savoir).

C'est donc le cœur léger et le sourire aux lèvres que je m'apprête régulièrement à faire mon boulot de moniteur. Sauf que les élèves ne me facilitent pas toujours la tâche... bilan. Un peu longuet, mais si tu me lis c'est que tu n'es pas en train de te choper un cancer de la peau sur la plage (de toute façon il parait que 42% des Français ne partent pas en vacances cet été. Ça ne veut pas dire grand chose – notamment ni qu'ils n'ont pas de vacances, ni qu'ils ne partent pas en vacances en juin ou en septembre) et qu'au lieu de passer le temps à compter les grains de sables (non mais la plage c'est vite chiant en fait, c'est très surestimé je trouve), tu t'ennuies devant ton ordinateur.

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Lundi, juillet 21 2008

Le niveau baisse

Comme chantonnerait Francis Blanche sur un air de Roux-Combalusier, le compositeur qui monte, « à la mare aux grenouilles j'ai de l'eau jusqu'aux genoux » (oui je donne dans le raffiné aujourd'hui), je ne sais pas si le niveau baisse mais en tout cas il ne vole pas bien haut.

J'ai bien conscience que j'ai fait une prépa élitiste suivie d'une école de haute voltige, et que je ne suis donc pas tout à fait au courant de comment ça se passe dans les universités françaises, et que si ça se trouve c'est pas beaucoup mieux, mais même après deux ans d'expérience, les devoirs à la maison des étudiants américains me tuent toujours autant.

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Mercredi, avril 16 2008

Krazy Kitty cherche et trouve

Non, je rigole, je cherche beaucoup plus que je ne trouve. Je me suis dit que ce serait amusant de vous raconter pour une fois les détails de ma journée de doctorante. Un peu comme du live-blogging sauf que je ne vais pas mettre à jour à chaque nouvelle ligne ou comme un rapport de gendarmerie d'Embruns (oui bon vous savez aussi bien vous servir d'un moteur de recherche que moi, non ?) mais pas pareil ou comme une boulimie de twitter qui aurait mal tournée... enfin comme si je vous racontais ma vie comme d'habitude mais avec des heures en plus. Le pied.

Note liminaire : je maintiens un équilibre assez exceptionnel entre mon travail et le reste de mes activités pour une universitaire. Par exemple, ce soir à vingt heures j'éteins ma machine et vais boire un verre et je ne le la rallumerai pas. Je glande à fond, quoi. Et aussi, je suis scrupuleusement les ordres de la kiné de ne pas rester assise plus de 30 minutes à mon ordinateur, et comme il m'est difficile de m'étirer (ou de m'occuper) pendant les intermèdes quand je suis au labo, je travaille partiellement de la maison.

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Jeudi, novembre 1 2007

Krazy Kitty raconte sa vie

Dans une interview (électronique asynchrone mais je vais pas m'éterniser sur les détails) sur la passionnante vie de jeune chercheuse donnée à Gabriel (Ange dans ses moments perdus). Pour connaître le montant de mon salaire et mon opinion sur les organisations du type "Femmes en Informatique", c'est là-bas que ça se passe.

Lundi, septembre 10 2007

Your head's too big

And it just might pop... Pop! It was an accident, it just popped![1].

C'est officiel. Je suis atteinte d'intolérance aigüe. Une crise foudroyante de médisance et d'impolitesse. Plus la moindre envie de faire des efforts : je ne supporte pas le thésard au skate board.

Notes

[1] Ta tête est trop grosse... Et elle risque d'exploser... Pop ! C'était un accident, ça vient juste d'exploser ! - Your head's too big - The Ditty Bops

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Mercredi, juillet 18 2007

Petit plaisir

C'est avec un sourire en coin que j'écris sur les copies que je corrige

Left is better than right

Attention : La suite de ce billet est à forte connotation mathématico-statistique

Pour ceux qui s'interrogeraient sur le pourquoi du comment de cette phrase cryptique, il s'agit d'une expérience dans laquelle un sujet doit cliquer sur un point qui apparaît à l'écran. Il y a une série d'expériences avec la main gauche et une série avec la main droite. On étudie la réponse temporelle en fonction de la distance entre le nouveau point et le point précédent (ou la position antérieure du curseur, donc), et on demande aux élèves de déterminer laquelle des deux régressions linéaires (main droite ou main gauche) donne les meilleures prédictions. Il s'agit de la régression de la main gauche, bien qu'elle soit presque aussi pourrie que celle de la main droite, la linéarité du phénomène étant très limitée, mais les élèves ont du mal à le voir et je me donne à coeur de les corriger.

Par ailleurs, si quelqu'un pouvait m'offrir immédiatement un joli tampon qui dise

Correlation IS NOT causality

et un encreur rouge... (Je renvoie ceux qui n'ont aucune idée de ce dont je parle aux mignons exemples fort parlants de Monsieur Wikipedia.)

Vendredi, juin 8 2007

Chronique d'une thèse annoncée (ou pas)

Vous savez pas la dernière ? Il parait que j'ai un blog. Oui, oui, un de ces machins sur Internet où je raconte ma vie. Entre autres conneries. Le seul problème, c'est que je n'ai absolument pas le temps d'écrire, parce que non seulement en cette ambiance pré-estivale tout le monde veut sortir tout le temps, mais en plus quelqu'un qui vient juste de soutenir sa thèse a découvert un bug dans un de ses scripts de base ce qui fait que je dois tout recommencer un mois de calculs, sans parler du fait que je me farcis (avec plaisir, si, si) de pondre des questions pour un jeu (enfin je crois) à une fête d'anniversaire à laquelle je n'irai même pas (une bête question de logistique, kilomètres, billets d'avion et autres décalages horaires) et que je pars à New York dans dix jours, yee-ha. Ce qui est dommage, parce que j'ai plein de brouillons de billets (dont certains uniquement dans ma tête mais je vous demande si votre grand-mère Hortense fait du vélo à cheval sur un phono ?), sur des sujets cinématographiques, littéraires, galerie-d'artistiques, et transport-en-communtesques.

Tout ça me paraît une excellente raison pour vous raconter une histoire de thèse en sursis.

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En ce moment

Je lis

Terry Pratchett, Tonino Benacquista, Marguerite Duras (mais pas tout en même temps).

J'écoute

Minor Majority, Of Montreal, Nina Simone, Angelfish, Léo Ferré, The National, Sarah Vaughan, The Ditty Bops, Absynthe Minded, Mozart, Stamitz, Bill Evans, The Asteroid Galaxy Tour.

Je suis

occupée ouh là beaucoup très très, enchantée par Oscar Wilde (One should always be a little improbable), vaguement improbable, toujours aussi liberté, égalité, schtroumph 1er (merci Plantu).

Pensée profonde

"Partir, c'est mourir un peu. Mais mourir, c'est partir beaucoup."
[Alphonse Allais]

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# Tempus Fugit

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