American Rhapsody


 
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[Krazy Kitty sur Twitter]

Samedi, février 4 2012

Aujourd'hui ça me regarde

Le chef d'orchestre, quand je débarque avec vingt minutes de retard parce que je me suis brillamment perdue après avoir raté mon bus — regard noir.

Le trompettiste arrivé en même temps que moi — regard amusé.

Le premier violon solo, en coulisse, quand elle me donne un la et que mon alto lui répond un ré dièse (il faisait froid, en coulisse) — regard perplexe.

Ma copine de pupitre, pour son premier concert en temps qu'altiste — regard inquiet.

La chef de pupitre d'alto — regard complice.

Plusieurs centaines de personnes, dans la salle de concert la plus prestigieuse de la ville — regard attentif.

Les amis venus me voir sur scène (moi et une soixantaine d'autres instrumentistes, plus environ autant de choristes), à la sortie du concert — les yeux qui brillent.

L'un d'entre eux, me demandant comment on fait, pour arriver à jouer tous ensemble — regard admiratif.

366 réels à prise rapide via Araignée et Zelda

Mardi, janvier 3 2012

La Science

Dans les commentaires de mon bilan de 2011, que tu n'auras, j'en suis sûre, pas manqué de lire tellement ce genre de choses est original en cette saison, j'ai utilisé, afin de souhaiter à blueinkal une bonne année, les mots « science sympa ».

Lune, passée un peu plus tard par là, a trouvé la notion abstraite et j'en profite pour me reprendre : l'adjectif est bien fade. De la science sympa, ça fait science bien brave, allez, elle est pas méchante, regarde, dans les grandes lignes, ça marche, son affaire, on peut pas dire le contraire. Ce n'est pas de ça que je parle. J'ai écrit « science sympa », mais je pensais à ce que j'appelle en anglais hot science, la science sexy, graou, miaou-miam, comme tu voudras.

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Dimanche, novembre 27 2011

Prova d'orchestra

Probenwochenende — week-end qu'un orchestre (ou un chœur) amateur passe ensemble à répéter, le plus souvent dans un lieu (typiquement, une auberge de jeunesse) suffisamment éloigné pour que la majorité ne rentre pas dormir chez soi. La qualité de l'orchestre se trouve améliorée et des liens (à base de partage de dentifrice et de discussions sur la bio-éthique) qui se tissent entre les musiciens et de la douzaine d'heures de répétition en moins de deux jours.

J'y ai retrouvé tout un tas de gestes, d'habitudes et de petits bonheurs qui ne demandaient qu'à refaire surface. Si tu n'es pas musicien, ce qui suit va probablement te paraître assez ennuyeux, je te préviende.

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Jeudi, juin 23 2011

Répicatulons

On me faisait remarquer récemment, et à juste titre, que je ne bloguais plus. Ma vie, se demandait-on, serait-elle devenue si morose que je n'aurais plus le moindre billet à en tirer ? Sachant que je réussissais à pondre régulièrement des bêtises à l'époque où je rédigeais ma thèse, période de ma vie qui n'était pas sans rappeler cette célèbre Une de Charlie Hebdo, « Trente ans dans un mur ou la vie d'une brique », il aurait vraiment fallu que je tombe dans l'ennui le plus indescriptible pour que cela soit la raison de mon silence. En y réfléchissant un peu, je crois que la raison de mon silence est simple : j'ai redécouvert qu'il existait une vie ailleurs que de l'autre côté de mon écran d'ordinateur. Un commentaire qui fera rire les moins accros à la technologie et au Ternet d'entre vous, à la vue de mes parfois longues heures de travail derrière ledit écran, et de la fréquence de mes interventions sur Twitter, Facebook, et les blogs des autres gens.

Hors de question cependant de laisser les lieux complètement à l'abandon, et c'est pourquoi je vous propose aujourd'hui, à vous deux lecteurs et demi encore dans les parages grâce à la magie du RSS, un bref (ou pas si bref que ça, je rappelle que je souffre de logorrhée verbale) bilan de mes presque quatre premiers mois de Research Scientist (je ne me lasse pas du titre, scusez-moi) en Germanie du Sud.

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Mercredi, décembre 1 2010

Fière comme un paon

Après avoir obtenu ma thèse, je ne pouvais plus reculer. Il était temps de m'attaquer à un réel défi, autrement plus délicat pour une fille avec l'assurance d'un petit animal tremblotant (au hasard, le lévrier afghan) et le sens pratique d'un poisson rouge. Et je suis donc très fière de vous annoncer que, malgré les commentaires désobligeants de l'inspecteur (de « vous voyez, Mademoiselle, ce qui se passe si vous vous arrêtez pour rien » après que j'aie eu l'outrecuidance de ne pas m'engager sur un rond-point avant d'être sûre de ne bloquer la route à personne à mon favori « et oui, c'est comme ça que ça marche, une voiture »), j'ai eu le permis de conduire !

Je te rappelle que la dernière fois que j'ai essayé de passer le permis, c'était en Californie (là où c'est facile), c'était il y a plus de trois ans, et ça a donné ça.

Je te laisse, faut que je retourne danser la danse de la joie dans mon salon.

Samedi, septembre 11 2010

Métissages musicaux

J'ai découvert ces derniers mois un certain nombre de mélanges de genres musicaux jusqu'alors insoupçonnés (de moi). Désolée pour la redite pour ceux qui me suivent sur Facebook et/ou Twitter, mais ça vous fera une récapitulation !

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Dimanche, février 14 2010

Dimanche ensoleillé

Huit solides heures de sommeil, un réveil sans réveil matin, la chambre déjà inondée du soleil qui filtre à travers les stores vénitiens. Une journée passée à écouter du bon rock classique — tape "beatles" dans Pandora, et tu sauras exactement ce que je veux dire. Du boulot abattu, peut-être pas autant que je l'aurais voulu, mais tant que ça avance, hein, et puis une conférence téléphonique optimiste et productive, c'est toujours ça de pris. Un stylo plume nettoyé et alimenté d'une cartouche neuve, et le plaisir de retrouver cette souplesse d'écriture.

Et comme chaque fois que la nécessité s'en fait sentir, Gene Kelly sur ses patins à roulettes (les sensations fortes commencent à 2'20, pour les impatients).

Dimanche, janvier 31 2010

Une recette de tante Agathe

(Car je ne vois absolument pas pourquoi le fait de ne pas avoir de nièce ni de neveu m'empêcherait d'être surnommée tante Agathe.)

Ingrédients :

  • une poignée de connaissances, dont des amis et des amis à eux
  • de quoi manger (voir plus bas)
  • de quoi boire (compter sur les invités pour amener : Bordeaux, Riesling, cidre sans alcool, et mousseux ; voire du jus de mangue avec le mousseux pour faire des cocktails)
  • une salle à manger revampée pour l'occasion (je recommande la table pliante et le concept de soirée « amène ta chaise »)
  • de la bonne musique en arrière plan (jazz, rock indépendant, rock classique, rien de trop violent, mais c'est pas un enterrement non plus. De Miles Davis à Feist en passant par The Decemberists et Au Revoir Simone, il y a largement de quoi faire).

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Jeudi, septembre 3 2009

Lehitraot

Il y a eu mon dernier exposé.

Il y a eu des heures passées à transmettre mon code et à documenter.

Il y a eu les cadeaux d'adieu, depuis le très beau jouet inclus dans ma bourse aux livres soigneusement choisis par mes collègues.

Il y a eu le dernier déjeuner, deux heures trente dans un restaurant genre, mémorable.

Il y a eu les formalités administratives de fin de contrat à m'en taper la tête contre les murs.

Il y a eu la banque qui voulait que je ferme mon compte en personne alors que la boîte ne pouvait me payer mon salaire de septembre qu'en octobre et en Israël.

Il y a eu un micmac de visas qui m'a retourné l'estomac, résolu en grande partie grâce à Surchef. (Merci, merci, merci.)

Il y a eu l'assurance que l'on s'attendait fermement à ce que je revienne une fois ma thèse finie... « Juin 2010, on prend date ! »

Il y a eu le moment de déconnecter ma dernière session SSH après avoir tout nettoyé derrière moi, des fichiers devenus inutiles aux permissions d'accès.

Il y a eu le moment de rendre mes trois badges et la clé de ma boîte aux lettres.

Il y a eu le moment de prendre ma tasse au logo de l'entreprise et de faire le tour des bureaux pour dire au revoir... et à jeudi prochain (puisque j'ai accepté d'aller déjeuner avec l'équipe une dernière fois).

Mon stage est fini, que les vacances commencent ! Ce soir, Jérusalem. Dimanche, la Jordanie. Mercredi, Massada. Et vendredi... Paris !

Mercredi, août 26 2009

Plus un

Comme chaque année, je marque le coup de l'anniversaire de mon arrivée aux États-Unis. C'était, il y a quatre ans hier. Je m'émerveille encore de constater quel enchaînement d'événements a découlé du court email que j'ai écrit à Advisor pour accepter le poste.

Je l'ai déjà dit maintes fois, je le répète encore : c'était tout aussi effrayant qu'excitant. Ça l'est toujours, pour des raisons différentes. Les inconnues ne sont plus les mêmes et certaines constantes sont devenues inquiétantes ; le quotidien est moins aventureux mais plus investi émotionnellement. (Ce qui n'est, d'après le correcteur orthographique, pas un mot. Mpfr.)

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En ce moment

Je lis

Terry Pratchett, Tonino Benacquista, Marguerite Duras (mais pas tout en même temps).

J'écoute

Minor Majority, Of Montreal, Nina Simone, Angelfish, Léo Ferré, The National, Sarah Vaughan, The Ditty Bops, Absynthe Minded, Mozart, Stamitz, Bill Evans, The Asteroid Galaxy Tour.

Je suis

occupée ouh là beaucoup très très, enchantée par Oscar Wilde (One should always be a little improbable), vaguement improbable, toujours aussi liberté, égalité, schtroumph 1er (merci Plantu).

Pensée profonde

"Partir, c'est mourir un peu. Mais mourir, c'est partir beaucoup."
[Alphonse Allais]

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# Tempus Fugit

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