American Rhapsody


 
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[Krazy Kitty sur Twitter]

Mardi, juin 10 2008

Amour, gloire et beauté

Ça y est, t'as tout bien lu ?

Bon, maintenant tu comprends pourquoi y a une dame, une journaliste, même, elle a lu le truc là-bas, et elle a trouvé que ça collait vachement bien à son sujet sur que deviennent, que deviennent, les valses de Vienneles gamins qui ont passé leur bac un poil plus tôt que les autres. Donc elle m'a contactée, m'a expliqué travailler à 20 Minutes (que quand j'ai lu le mail j'étais pas réveillée et j'ai cru qu'y avait écrit Minute, j'ai failli passer la chose en spam direct ; tu vas me dire, 20 Minutes, c'est quand même pas Le Point ni La Recherche. Arrête d'être snob deux minutes, veux-tu ?), et vouloir causer avec moi.

D'un côté, pourquoi pas. Agade, agade, j'ai eu mon bac à quatorze ans et aucun troisième bras ne m'a poussé ! (Ce qui est d'ailleurs regrettable. Ça valait bien la peine, tiens.)

De l'autre je ne suis pas sûre que ce soit ça qu'elle ait envie d'entendre. Elle évoque dans son mail les « difficultés liées à cette précocité ». La seule difficulté post-bac qui ait un rapport avec mon âge à laquelle je peux penser, c'est que j'ai pas pu passer le concours d'entrée à Polytechnique à la fin de ma deuxième année de prépa parce que j'étais trop jeune. Une tragédie comme on en voit peu !

Et comme je me suis déjà fait interviewer avec des copains par une journaliste de RFI sur le sujet des classes prépas, justement, à l'époque où j'y étais encore, et qu'elle a tout bien arrangé les extraits de nos conversations pour que ça sonne comme elle le voulait (les gens en prépa sont des malades de travail, il y a une compétition horrible entre eux et jamais ils ne s'aèrent le neurone) plutôt que comme on le lui a présenté, je me méfie des journalistes aux idées préconçues.

Entre les deux mon cœur balance, et je lui ai donc répondu avec quelques réserves.

Tout en me disant que j'aurais peut-être dû le passer en spam, ce message...

Mais elle a répondu quand même en disant que c'était bien aussi, que j'aie le bon nombre de bras. Du coup on a passé un petit vingt minutes au téléphone ce matin, et comme elle avait bien fait ses devoirs, elle a bien calé que j'aimais pas les petites boîtes avec des étiquettes dessus, et tout ça c'est bien passé.

Puis j'ai bien rigolé quand elle m'a fait comprendre que quand même, j'aurais pu choisir une carrière plus clinquante (et par là je veux dire sonnante et trébuchante) qu'enseignante-chercheuse. Non mais pour moi, professeur émérite, c'est quand même beaucoup plus chouette que femme d'affaires. Surtout que femme d'affaires, vu comment ça me gonflerait, je serai probablement pas très forte à ce petit jeu là. Et femme d'affaire qui ne réussit pas, c'est tout de même pas Byzance.

Bref, lundi, premier jour du bac, j'aurai un demi quart de citation (ou une page entière, va savoir, mais je penche pour la première solution) dans 20 Minutes. Sous mon prénom, hein, pas sous mon pseudo débile. Si tu ne connais pas mon prénom, tu as vraiment besoin de lire cette F.A.Q. maintenant. Allez, garde-moi une copie, va, que je puisse vitupérer. (Non mais ils ont des archives en ligne je suppose, 20 Minutes, hein ?)

Si tu vas à San Francisco (s'embrume), hisse et ho

Après presque trois ans (pute borgne, trois ans) en Californie, je vais enfin visiter San Francisco. La ville la plus européenne de l'Ouest des États-Unis, voire des États-Unis tout entiers. Homosexuels et autres vilains hippies avec des fleurs dans les cheveux, blue jeans, ruée vers l'or, Joan Baez, tremblements de terre, clochards, Berkeley[1], et LSD.

Et toute une semaine que je vais y passer !

Samedi que je pars. Une heure vingt d'avion, retrouvailles avec les parents, tranquille, tranquille, une semaine à me balader dans les vraies rues d'une vraie ville, retour le samedi suivant.

Le pied.

J'ai même acheté des petits flacons en plastique, de huit centilitres chacun (ah bah oui ma brave dame, dans les pays qui savent compter, c'est dix centilitres, mais aux États-Unis avec leur ridicule système de poids et mesures, on arrondit à trois onces liquides et ça fait à peine plus de huit centilitres) et je vais pouvoir m'amuser à optimiser leur placement dans un sachet à congélation d'un litre (un peu moins, vu qu'il s'agit d'un quart, un quart de quoi, un quart de gallon bien évidemment), afin de passer ma valise en bagage cabine et d'éviter la case enregistrement des bagages.

C'est fou quand même ce qu'on s'ennuyait avant de devoir respecter toutes les consignes de sécurité des aéroports. Maintenant il faut :

  • prévoir tes petits flacons et tes sachets à congélation (et passer des heures à agencer le tout) ;
  • dénicher un pantalon que tu puisses porter sans ceinture sans qu'il te tombe sur les genoux (enfin si tu fais mon format, en général, y a les hanches qui retiennent le tout, mais passer ma journée à remonter mon froc qui se barre de ma taille, en plus de devoir prendre l'avion, non merci) ;
  • porter des chaussures qui s'enlèvent et se remettent facilement ;
  • vérifier que personne ne t'a collé un truc illicite dans tes bagages histoire de rigoler (comme la fois où des copains ont offert une bouteille de champagne à la coloc' de l'un d'entre eux, mais ont trouvé que de la mettre dans sa valise plutôt que de la lui donner bêtement, c'était vachement sympa comme idée. Sauf qu'elle était à la bourre à l'aéroport et qu'elle a voulu passer sa valise en bagage cabine. En jurant que non, y avait pas de liquide dedans. Ou la fois où ma grand-mère a fourgué à son insu un jeu de couteaux à mon père, en les planquant dans la couverture qu'il avait accepté de se faire offrir.) ;
  • se retenir de faire remarquer que la question « Quelqu'un a-t-il pu avoir accès à vos bagages sans que vous n'en ayez eu connaissance » est débile ;
  • se rappeler que l'humour con façon « Non mais c'est pas dans mes chaussures qu'elle est, la bombe, de toute façon » n'est pas le bienvenu (j'ai failli rester à Roissy au lieu de partir à Istamboul, donc je me souviens, mais c'était peu après qu'ils aient mis cette règle en place et j'avais des bottines. Avec trois paires de crochets en plus des œillets. J'en pouvais plus, moi, de les enlever.).

Ça pimente.

Ça donne l'impression de partir pour de folles aventures, même.

Ou une envie furieuse de taper sur les agents de sécurité ou le bébé qui pleure, au choix. (Cherche pas. Tu ne peux pas échapper au bébé qui pleure. C'est tout.)

Tout ça pour te dire : si tu veux une carte postale de San Francisco, tu m'envoies ton adresse postale par mail (enfin tu peux la laisser dans les commentaires si tu veux, je t'oblige pas, sinon clique sur le lien « Contact » en haut de la page, oui, ) et tu demandes gentiment. (Si je n'ai aucune idée de qui tu es, ne t'étonne pas de ne pas recevoir de carte, non plus, hein, faut pas pousser Gertrude dans les bégonias.)

Sinon, tu reviens demain et je te dirai comment je suis en passe de devenir célèbre. Au moins.

Notes

[1] Ah bah oui

En ce moment

Je lis

Terry Pratchett, Tonino Benacquista, Marguerite Duras (mais pas tout en même temps).

J'écoute

Minor Majority, Of Montreal, Nina Simone, Angelfish, Léo Ferré, The National, Sarah Vaughan, The Ditty Bops, Absynthe Minded, Mozart, Stamitz, Bill Evans, The Asteroid Galaxy Tour.

Je suis

occupée ouh là beaucoup très très, enchantée par Oscar Wilde (One should always be a little improbable), vaguement improbable, toujours aussi liberté, égalité, schtroumph 1er (merci Plantu).

Pensée profonde

"Partir, c'est mourir un peu. Mais mourir, c'est partir beaucoup."
[Alphonse Allais]

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# Tempus Fugit

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