American Rhapsody


 
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[Krazy Kitty sur Twitter]

Mercredi, octobre 3 2007

Goodbye, Oblivion

Elles pouvaient parler tout à côté de moi, les minettes, déblatérer toutes les âneries de la terre, sans que j'en aie aucunement conscience. Il fallait que je me force pour attraper au vol suffisamment de mots pour entrevoir le sujet de la conversation, et, évidemment, quand je les voyais aller d'un cours à l'autre perchées sur leurs bottes à talons, un vague bout de tissu moulant leurs fesses, lunettes de soleil géantes et pochette de luxe ne pouvant guère contenir plus qu'un téléphone portable rose, un iPod Nano et un bâton de rouge - la mode vaut qu'on lui sacrifie livre, stylos et bloc-notes -, je ne me forçais pas.

Je me doutais qu'elles parlaient de Paris Hilton, de garçons, de sexe, de mode, de maquillage, et de tas de sujets qui ne me viendraient même pas à l'esprit. Mais je ne savais pas ce qu'elles en disaient. Je ne savais pas qu'elles trouvaient la première très belle, les deuxièmes dignes du troisième à condition d'être musclés, la quatrième capable de déclencher des vendettas et le cinquième indispensable.

Ils pouvaient communiquer par hurlements directement dans mes oreilles, les mecs, rouler des mécaniques et arborer leurs pantalons trop larges, leurs casquettes sur le côté et leur regard bovin, sans que jamais il ne me vienne à l'idée de vérifier que le sujet de leur conversation fasse bien partie de la trilogie drugs, sex, and rock'n roll. Je pouvais même me concentrer particulièrement, faire passer leur présence en arrière-plan, et les dépasser d'un air absent sans même remarquer leur attitude.

Mais voilà, maintenant, je suis quasiment bilingue. Et je les comprends même plongée dans mes pensées, ces échanges. C'est insupportable. Chacune de mes excursions sur le campus m'apporte désormais son lot de connerie humaine. Du niveau zéro de la pensée politique (ouais non mais tu vois quoi, la paix, c'est quand même vachement mieux que la guerre, tu vois, quoi) aux abysses entrouvertes par les nouvelles idoles des jeunes (han Paris comment c'est trop un modèle...). Et surtout, maintenant, je le sais, quand c'est mon cul que les post-ados boutonneux commentent.

Heureusement, il y a encore tout un tas d'étudiants asiatiques pour causer en chinois ou en vietnamien et me ficher la paix.

Note : Ceci est ma participation au sablier d'automne du jour.

L'esprit de grille

Otir commentait récemment l'esprit de grille cher aux Américains, qui ne peuvent s'empêcher de tout classifier et de tout faire rentrer dans des petites boîtes, des petites cases et des petits tableaux avec des traits bien droits, et qui lui semblait bien loin de l'approche française...

Alors pourquoi faut-il que tant de billets d'@si soient consacrés à discuter de comment étiqueter les autres (de billets) ? Pourquoi Daniel Schneidermann reçoit-il autant de demandes émanant de lecteurs qui réclament des repères, des indicateurs de sérieux des textes publiés, et s'agit-il d'une chronique, d'une observation, d'un billet d'humeur, d'une enquête, ou du chat de la voisine[1] ?

Ce qui m'ahurit le plus reste tout de même que les gens ne soient pas fichus de décider par eux-même du degré de futilité de ce qu'ils lisent.

Alors un petit rappel, vite fait : Gala, c'est futile. Crime et châtiment, beaucoup moins - et en plus ça occupe pendant plus longtemps.

Notes

[1] J'aurais pu écrire "le cul de ma grand-mère" mais je suis polie et la pauvre ne mérite pas d'être mêlée à tout ceci

En ce moment

Je lis

Terry Pratchett, Tonino Benacquista, Marguerite Duras (mais pas tout en même temps).

J'écoute

Minor Majority, Of Montreal, Nina Simone, Angelfish, Léo Ferré, The National, Sarah Vaughan, The Ditty Bops, Absynthe Minded, Mozart, Stamitz, Bill Evans, The Asteroid Galaxy Tour.

Je suis

occupée ouh là beaucoup très très, enchantée par Oscar Wilde (One should always be a little improbable), vaguement improbable, toujours aussi liberté, égalité, schtroumph 1er (merci Plantu).

Pensée profonde

"Partir, c'est mourir un peu. Mais mourir, c'est partir beaucoup."
[Alphonse Allais]

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# Tempus Fugit

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