American Rhapsody


 
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[Krazy Kitty sur Twitter]

Un joli dimanche de mai

L’Allemagne a découvert, au lendemain du premier tour des élections présidentielles, l'existence de François Hollande. Mieux vaut tard que jamais, me diras-tu, mais la certitude que la communauté internationale avait jusqu'alors de la réélection du président-à-sortir me donne froid dans le dos. Et surtout, mes collègues de Munich (dont quelques docteurs en médecine bavarois dont, sans vouloir tomber dans des stéréotypes crasses, je ne suis pas certaine de vouloir connaître les vues politiques en détail) se sont soudainement empressés de s'enquérir de mon analyse ô combien éclairée de la situation politique française, ce qui a rendu cet entre-deux-tours encore plus douloureux que nécessaire.

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Dimanche 6 mai 2012
11:07
in Stormy Weather

Aujourd'hui je renonce à

1. comprendre comment des expats peuvent voter Front National ;
2. prétendre que je vais arriver à cocher le moindre item « Travail » sur ma toudouliste avant de reprendre le train pour la Bavière ;
3. ...

Je suis pas très forte en renoncements, en fait.

Même les soirées kaffee & kuchen - ciné - verres - promenade au bord de l'eau avec un garçon charmant (gauchiste, quadrilingue, culturé, la totale) dont le cœur est pris ailleurs (loin, mais pris), je renonce pas, alors que clairement, je vais me faire mal. (Mais puisque je te dis que juste potes, ça me va, et qu'elles sont bien, ces soirées.)

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui en cent mots, un bref épanchement, et le coup de blues du dimanche.

Dimanche 22 avril 2012
15:45
in All Of Me

Aujourd'hui sacs

J'ai un aller pour Los Angeles et un retour depuis New York ; un Los Angeles - Boston et un Boston - Chicago et un Chicago - Washington D.C. ; les tarifs et horaires des trains de D.C. à New York.

J'ai un aller-retour pour Barcelone.

J'ai, enfin, deux allers-retours pour Munich[1].

J'ai fait deux piles de mes papiers, une de mes livres, et un sac du thé et des bricoles qui traînaient. Bientôt Cobural transférera le tout dans les cartons de déménagement, direction nos nouveaux bureaux.

Il ne me reste plus qu'à faire mes valises.

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui en cent mots hors notes de bas de page.

Notes

[1] ou, plus précisément, bureaucratie oblige, un aller-retour pour Munich et un aller-retour depuis Munich qui devrait me permettre de venir accomplir mon devoir civique le week-end prochain

Samedi 14 avril 2012
23:38
in Trav'lin' Light

Aujourd'hui sacs — Version alternative

Ceux qui sont fouillés, systématiquement, brutalement, par les types de la Stassi chaque fois que Barbara échappe quelques heures à leur surveillance.

Celui que son amant lui donne, des cigarettes de l'autre côté du Mur.

Celui, unique et si petit, qu'elle prépare, avec l'argent dans une poche étanche, de quoi payer un passage à l'Ouest via le Danemark.

Si vous avez l'occasion de voir Barbara de Christian Petzold avec Nina Hoss : courez-y. Je ne peux que vous souhaiter que les quelques dialogues qui m'ont échappé soient à la hauteur du reste du film.

366 réels à prise rapide — Aujourd'hui en cent mots, un compte qui tombe aussi juste que la moindre des scènes de Barbara. Ours d'Argent du meilleur réalisateur, et on comprend pourquoi.

Samedi 14 avril 2012
23:23
in 'S Wonderful

Aujourd'hui moment professionnel

C'est l'amorce d'hier mais : aujourd'hui mon premier étudiant en master a mis la touche finale à son mémoire.

Y a pas à tortiller, « Supervisor: Dr. Krazy Kitty », ça en jette, sur une première de couverture.

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui en moins de cent mots, parce que champagne. Enfin, Kilkenny, et sans le joyeux (futur) maître.

Jeudi 12 avril 2012
23:15
in 'S Wonderful

Aujourd'hui tout ce qui brille

Les larmes dans mes yeux, une goutte de pluie (puisque je te dis que c'est de la pluie) sur ma joue. Ce n'est pas le train vers lequel je m'avance, valise d'une main Melnitz dans l'autre, mais l'histoire, une histoire mêlée d'Histoire, avec un titre pareil et écrite par un Lewinsky, tu penses.

Dans le même style — « d'apparence musulmane » —, sans les fous rires ni (Dieu garde) les passages qui sont comme quand ta bubbeh raconte, L'Invention du Sauvage.

Je recommande chaudement, pour une après-midi joie-de-vivre entre amies.

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui en cent mots et quelques ellipses.

Mardi 10 avril 2012
20:51
in 'S Wonderful

Aujourd'hui ceux que l'on porte

Ceux que l'on porte dans nos cœurs.
Ceux que l'on porte dans nos mémoires.
Ceux que l'on porte dans nos veines, dans notre sang, dans nos gènes.
Ceux que l'on emporte avec nous, parfois bien malgré nous.

Sujet de la conversation du jour dans mon bureau, doigts serrés sur des tasses de thé fumant, entre expatriés au long cours tout en inébranlable loyauté, amour inconditionnel et blessures mal cicatrisées.

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui en moins de cent mots, parce qu'un regard, un sourire, une inspiration brusque, valent largement les vingt-sept (âge en années, tiens donc, de chacun des interlocuteurs concernés) qui manquent à l'appel.

Mercredi 4 avril 2012
22:01
in All Of Me

Aujourd'hui ce que l'on porte

Sur mes épaules : une veste de laine brune ; un léger sac à dos, contenant mon agenda, divers sous et papiers, et La nobile arte dell'insulto ; la responsabilité de rassembler les bouts libres[1] du projet du mon Padawan.

Sur ma figure : une indispensable paire de lunettes ; un peu d'ombre à paupières, inexplicablement ; un grand sourire alors que je fais rebondir des idées[2] sur un collègue dont je veux picorer le cerveau[3] à propos d'un projet dont je réalise qu'il me lasse moins que je le croyais ; une certaine lassitude à constamment passer d'une langue à l'autre.

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui en cent mots, hors notes de bas de page.

Notes

[1] tie up loose ends

[2] bounce ideas

[3] pick his brain

Mardi 3 avril 2012
21:48
in All Of Me

Aujourd'hui je pourrais écrire sur ma tête

« Fatiguée ».

D'ailleurs, c'est comme si ça l'était déjà, si je m'en fie aux questions de Cobural, juste ce qu'il faut d'inquiétude dans la voix pour que je lui réponde au lieu de lui jeter un feutre à tableau à la figure.

C'est les déplacements, que je lui dis. Tous les vœux de faire de beaux voyages que j'ai reçus pour 2012 semblent se retourner un peu contre moi.

J'étais à Rome au début du mois ; je reviens de Londres. Entre temps j'ai été, à chaque fois, quelques jours à Paris. Je retourne en France jeudi prochain, pour Pâques.

Il semblerait que j'aille passer trois semaines à travailler à Munich, du 16 avril au 4 mai. Entre temps il me faudra rentrer un week-end ici, ne serait-ce que pour voter au premier tour des élections présidentielles (ironie du sort, j'ai eu peur de devoir me déplacer au Consulat... de Munich pour voter avant d'apprendre l'existence d'un bureau de vote français dans ma ville même).

J'ai pris mes billets d'avion pour les États-Unis. J'y serai du 7 au 25 mai. Californie, Massachusetts, Illinois, Indiana, D.C., Virginie, New York. Quatre ou cinq exposés, des réunions de boulot, quelques jours de vacances aussi, une liste longue comme le bras de gens à voir, même si la plus chouette des filles de tout le continent américain, celle avec laquelle j'écumais les boîtes de tango et buvais des litres de thé ou des bouteilles de prosecco en refaisant le monde, sera en Europe juste à ce moment-là pour renouveler son visa, nos retrouvailles avortées victimes des tarifs des compagnies aériennes.

J'enchaîne avec de vraies vacances, une petite semaine à Barcelone pour Primavera.

Après mon retour, il est possible qu'on me renvoie à Munich. J'ai un week-end obligatoire à Paris (c'est horrible, on me force à aller à une boume de trente ans). Et puis la petite sauterie, là, sur le Lac de Constance, avec les prix Nobel de physique.

Pauvre chérie, tous ces voyages !

Ne nous y méprenons pas : ces voyages me ravissent. Ces voyages me ravissent, mais ils me fatiguent. Ces voyages me ravissent, mais ils coûtent de l'argent, suffisamment au vu des délais de remboursement de mes frais professionnels pour que jongler avec mon budget ne soit en ce moment pas de tout repos. Ces voyages me ravissent, mais même ceux que je fais pour des raisons professionnelles entravent les progrès de mes projets déjà chancelants.

Donc : « fatiguée ».

Je vais aller dormir dix heures de rang, et puis ça ira mieux demain. N'est-ce pas ?

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui en beaucoup plus de cent mots ; ça faisait longtemps que je n'avais pas participé.

Vendredi 30 mars 2012
21:59
in Trav'lin' Light

Aujourd'hui petite satisfaction personnelle

Trouver un bug.

Écrire un bout de code qui marche.

Déjeuner au soleil, avec l'équipe presque au complet, pour une fois détendue en ce début des trois mois d'absence de Chef.

Se faire féliciter par une amie pas encore au courant d'avoir été sélectionnée pour aller au bord d'un lac fricoter avec la crème du dessus du panier de l'élite.

Relire l'email qui m'invite à faire un exposé à New York et ceux des gens qui s'y réjouissent de ma venue à Boston, en Californie, à Chicago et dans le Maryland.

Sourire.

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui en cent mots encore.

Jeudi 15 mars 2012
20:19
in 'S Wonderful

En ce moment

Je lis

Terry Pratchett, Tonino Benacquista, Marguerite Duras (mais pas tout en même temps).

J'écoute

Minor Majority, Of Montreal, Nina Simone, Angelfish, Léo Ferré, The National, Sarah Vaughan, The Ditty Bops, Absynthe Minded, Mozart, Stamitz, Bill Evans, The Asteroid Galaxy Tour.

Je suis

occupée ouh là beaucoup très très, enchantée par Oscar Wilde (One should always be a little improbable), vaguement improbable, toujours aussi liberté, égalité, schtroumph 1er (merci Plantu).

Pensée profonde

"Partir, c'est mourir un peu. Mais mourir, c'est partir beaucoup."
[Alphonse Allais]

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